Samedi 28 octobre 2006
Cerner le caractère de quelqu'un passe par la découverte des principaux traits qui le composent. Les caractérologues ont donc travaillé à établir ces traits de caractères ou facteurs. Leur connaissance est très importante car elle permet, même au débutant, d'avoir les premières clés pour comprendre une personnalité.
Je parlerai d'abord de la typologie la plus connue, celle d'Heymans-Wiersma-Le Senne-Berger.


La structure de Heymans et Wiersma

Heymans et Wiersma ont dégagé de leurs travaux trois facteurs constitutifs du caractère :


Facteur Modalités Symbole
Emotivité émotif - non émotif E - nE
Activité actif - non actif A - nA
Retentissement primaire - secondaire P - S


Le croisement entre ces trois facteurs donne les 8 types de base :

EnAP     (ou nerveux)
EnAS     (ou sentimental)
EAP       (ou colérique)
EAS       (ou passionné)
nEAP     (ou sanguin)
nEAS     (ou flegmatique)
nEnAP   (ou amorphe)
nEnAS   (ou apathique)


Les facteurs de Le Senne et Berger

Pour compléter ce premier tableau, René Le Senne puis Gaston Berger enrichissent de propriétés complémentaires la structure d’un caractère :


Facteur Modalités Symbole
Largeur du Champ de Conscience large - non large L - nL
Polarité mars - vénus M - V
Avidité avide - non avide Av - nAv
Tendresse tendresse - sécheresse affective T - nT
Intérêts sensoriels intérêts sensoriels - indifférence sensoriellle Is - nIs
Passion intellectuelle forme concrète - abstraite des intérêts intellectuels Pi - nPi


Il faut préciser que les appellations mars et venus n’ont rien à voir avec de l’astrologie. Il s’agit tout simplement d’une appellation métaphorique de deux types de relations aux autres : affrontement ou séduction.
Autre remarque les facteurs Av, T, Is et Pi sont appelés facteurs de tendance.

Nous arrivons alors à la structure la plus répandue qui permet d’avoir une approche fine de la personnalité.


Approches complémentaires

D’autres caractérologues ont enrichit la liste de facteurs afin de la compléter mais aussi de la préciser. On peut citer les facteurs :

sociabilité – isolement   ( ou Jupiter – Saturne)
in Roger Mucchielli « la caractérologie à l’âge scientifique » - Editions du Griffon

intelligence généralisante – intelligence particularisante
in Roger Maistriaux dans « l’intelligence et le caractère » éditions PUF

Enfin, R Denis et S. Torkomian (in « Caractérologie appliquée » éditions SABRI), nous donnent un complément important en détaillant douze dispositions fondamentales du caractère, dont certaines correspondent à celles vues ci-dessus :

Plan végétatif-moteur :
Vitalité – non Vitalité (V – nV)
Activité – non Activité (A - nA)
Masculinité – Féminité (M – F)
Sensorialité – non Sensorialité (Se – nSe)

Plan émotif-affectif :
Emotivité – non Emotivité (E – nE)
Affectivité – non Affectivité (Af – nAf)
Sociabilité – non-Sociabilité (So – nSo)
Allocentrisme – Egocentrisme (All – Eg)

Plan réflexif-idéatif :
Primarité – Secondarité (P – S)
Energie psychique – non Energie psychique ( Ps – nPs)
Champ de conscience large – Champ de Conscience étroit (L – nL)
Intelligence sensorielle (Is – nIs)
Intelligence rationnelle (Ir – nIr)
Intelligence intuitionnelle (Ii – nIi)

Cette approche est très complémentaire de celle de Le Senne et Berger et présente de grands intérêts dans son application au champ professionnel.


Autres classifications

Il existe d’autres classifications plus anciennes des caractères qui sont considérées comme intéressantes mais moins complètes que celles citées ci-dessus : typologies de Ribot, Fouillée, Paulhan, Malapert.

On peut également citer d’autres typologies dans des domaines proches de la caractérologie que vous pourrez rencontrer :

Typologies psycho-somatiques :
tempéraments d’Hippocrate : bilieux, sanguin, nerveux, lymphatique,
typologie de Sheldon : viscérotonique, cérébrotonique, somatotonique,
typologie de Kretschmer : cyclothyme, schizothyme,
typologie de Pende : bréviligne, longiline,
typologie de Sigaud et Mac Auliffe : musculaire, respiratoire, digestif, cérébral

La typologie de Jung basée sur les attitudes (introverti – extraverti) et les fonctions (pensée, sentiment, sensation, intuition).

Les typologies morpho-psychologiques et planétaires.







par Olivier ARNAULT publié dans : ...la communication et de la psychologie
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Mercredi 25 octobre 2006
Blog ANTHELIA : Pourquoi vous-êtes vous intéressé à la caractérologie ?

Olivier ARNAULT : La caractérologie se penche sur la question suivante : en quoi avons-nous des personnalités différentes ?
Je crois que c'est une question qui s'est posée à nous tous à un moment ou à un autre.
La connaissance des caractères amène des réponses à cette question dans la mesure où elle étudie les facteurs constitutifs du caractère et qu'elle donne une description de leur variabilité et de leur mode d'influence des comportements.
Pour être un peu technique, elle fait partie du domaine de la psychologie différentielle.


Blog ANTHELIA : Comment vous êtes vous formé à la caractérologie ?

OA : Au début de mes recherches pour approfondir mes connaissances dans ce domaine, j'ai rencontré des personnes très compétentes, prêtes à partager leurs connaissances et transmettre leur expérience persuadés que le développement de la caractérologie contribue à l'amélioration des relations humaines.
J'ai plus particulièrement été formé par Claude GUILMAULT qui a développé et appliqué la caractérologie dans de nombreuses entreprises françaises pendant 20 ans, sous l'impulsion de Jean GRIMAL.
Le suivi des travaux de la Société Internationale d'Etude de la Personnalité (SIEPEC) et du Caractère ainsi que l'Association de développement et d'Etude de la Caractérologie (ADEC) permet de rester à jour.
Il y a ensuite une très riche bibliographie qui permet d'en approfondir toutes les facettes.
Enfin, s'intéresser aux caractères est une école de la connaissance des personnes qui nous entourent. La caractérologie conduit à réellement s'intéresser à elles, à essayer de mieux les connaître, les comprendre. C'est une école d'humanisme et une école de relations humaines.


Blog ANTHELIA : Vous proposez des interventions en caractérologie. A qui s'adressent-elles ?

OA : En premier lieu, je dois dire qu'elles s'adressent à toute personne soucieuse de mieux se connaître et des mieux connaître les autres pour harmoniser les relations humaines.
En entreprise, dans le domaine médico-social, la caractérologie trouve ses applications dans :

- la cohésion des équipes : comment bâtir sur les différentes personnalités ? Comment faire en sorte que les différences de caractères jouent plutôt en complémentarité qu'en opposition ?

- la communication interpersonnelle : prendre en compte les personnalités pour mieux communiquer et prévenir les difficultés.

- l'évolution des comportements managériaux : la découverte de son caractère révèle les dispositions naturelles au management, qu?il faut connaître pour s?appuyer dessus, et met en évidence des points de progrès ou des points de vigilance. C?est sans aucun doute un facteur de confiance en soi.

- la gestion de l'agressivité et des conflits : domaines pour lesquels la caractérologie aide à aborder la dimension psychologique avec plus de sérénité.

- la gestion de l'émotivité : la caractérologie apporte des réponses précises et concrètes sur ce sujet. En effet, la prise en compte de l'émotivité comme facteur structurant de la personnalité, est une des bases de la caractérologie dès ses débuts.

- l'orientation et le recrutement : elle apporte un éclairage précieux pour valider des profils, des choix professionnels.

- l'accompagnement personnalisé : pour travailler à mieux connaître et à mieux mettre à profit tous les traits de son caractère.

Enfin, il m'est arrivé plusieurs fois, sur demande, de réaliser des conférences sur la connaissance des caractères des enfants pour aider des parents soucieux de mieux prendre en compte la personnalité de leurs enfants. Quand on est passionné, on en parle même le week-end !

Pour en savoir plus : consultez le dossier caractérologie ici.

N'hésitez pas à laisser votre commentaire ou vos questions en bas de cet article.

Si vous voulez contacter Olivier ARNAULT : o.arnault(a)libertysurf.fr


par Olivier ARNAULT publié dans : ...la communication et de la psychologie
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Mercredi 18 octobre 2006
Mieux se connaître permet de savoir sur quelles dispositions naturelles nous pouvons nous appuyer et où sont nos espaces de progrès ou de vigilance. Ceci est bien sûr un facteur de développement de la confiance en soi, d’une plus grande aisance et d’authenticité dans les rapports humains.

C’est très riche et beaucoup plus large que de nombreux tests qui servent par exemple au recrutement. Ceux-ci, ayant un champ d’application très spécifique, sont d’un intérêt plus restreint lorsque l’on travaille sur de la connaissance de soi.

Au contraire, la caractérologie prend en compte la totalité de la personnalité, ce qui fait que la découverte de la structure de son caractère peut trouver des applications aussi bien dans le champ de la vie privée que de la vie professionnelle.


En quoi la connaissance des caractères peut-elle nous éclairer ?

Que va nous apprendre la caractérologie sur nous même et sur les autres ? Je vous donne ensuite quelques exemples de ce que l’on peut identifier. Cette liste est bien sûr non-exhaustive.

maîtrise de soi, impulsivité, stabilité émotionnelle, anxiété, réactivité, adaptabilité et aisance relationnelle, initiative, persévérance, dispositions à déléguer, contrôler, disposition aux scrupules, capacités dans la communication (écoute, souci de l’autre…), capacité à entraîner, rigueur, régularité, organisation, capitalisation sur l’expérience, comportement dans le situations conflictuelles, capacité à prendre du recul ou syndrome « nez dans le guidon », perception du risque, réaction face aux obstacles…


Connaître les caractères au quotidien

Lorsque l’on découvre les caractères et qu’on en a compris le fonctionnement, on est tenté de chercher à mettre toutes les personnes que l’on rencontre dans une case. Ceci ne dure pas très longtemps, car, en exceptant certains que l’on identifie bien comme étant typique de telle ou telle famille parmi les 8, on comprend vite que l’utilité est beaucoup plus fine.
On va, par exemple, apprendre à identifier certains facteurs prépondérants chez nos interlocuteurs, on va comprendre comment la combinaison de ceux-ci structure certains traits de la personnalité. On va ainsi prévenir d’autres tendances possibles génératrices de tensions dans les relations, on va mieux savoir comment s’y prendre avec telle ou telle personne, on sera moins surpris voire démuni devant certaines réactions…
On va par exemple savoir que le silence d’un secondaire peut être aussi révélateur que l’ « explosion » d’un primaire.
par Olivier ARNAULT publié dans : ...la communication et de la psychologie
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Jeudi 27 juillet 2006
Lorsque j’interviens dans les entreprises, je plaide toujours pour que les managers apprennent à observer leurs collaborateurs pour mieux les connaître. Il ne s’agit pas de transformer les managers en spécialistes de la psychologie mais de leur en donner les bases fondamentales dans leur activité et surtout de leur en donner le goût, ce qui n’est pas évident au premier abord.

Pour leur donner ce goût de la psychologie, qui va enrichir leur management et la personnalisation des relations dans leur équipe, je m’attache à leur apporter les points de repères indispensables en matière de connaissance des caractères, et surtout à leur apprendre à observer et décrypter les comportements et réactions au quotidien.

La première étape est d’être capable de repérer et de mettre des mots sur ce qui se passe au lieu d’avoir l’impression de subir les réactions des uns et des autres, sans savoir trop ni pourquoi, ni comment…

Cet exercice de l’observation des caractères et de l’enrichissement quotidien à travers les échanges habituels est quelque chose qui en général leur parle, démystifie le côté psy compliqué, et reste concret et réaliste.

Pour illustrer mes propos, je vous rapporte les remarques de deux spécialistes de la psychologie :

Alfred BINET, un des fondateurs de la psychologie d’observation et d’expérimentation, demandait dès 1908 qu’on entraîne les futurs psychologues à « l’observation et à l’expérimentation, de les inviter à observer eux-mêmes dans des cas précis, à débrouiller l’écheveau d’un phénomène ».

Quelques décennies plus tard, Roger MUCCHIELLI, va dans le même sens :

« Apprendre à regarder et à écouter, apprendre à décrire, semble effectivement la tâche première de tout enseignement de la psychologie. De ce point de vue, on est endroit de se demander si cet enseignement ne faillit pas à sa tâche en cherchant trop souvent à faire apprendre des théories, des conceptions générales explicatives, ou à entraîner les étudiants à interpréter les phénomènes plus qu’à les observer. Expliquer à partir de théories toutes faites et interpréter en fonction de clés considérées comme des vérités définitives, ne développe en aucune façon l’attitude scientifique. En psychologie, comme en toute science, l’activité fondatrice du savoir est l’observation des phénomènes ».
in « L’observation psychologique et psychosociologique » - Roger MUCCHIELLI – éditions ESF.

Il me semble que ces remarques pourraient s’appliquer aussi à l’initiation psychologique en entreprise.
par Olivier ARNAULT publié dans : ...la communication et de la psychologie
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Jeudi 6 juillet 2006
Une fois compris les principes de la caractérologie, le caractérologue va être impatient de déterminer le caractère de ses interlocuteurs.

Plusieurs méthodes s'offrent à nous pour cerner le caractère d'une personne. La première passe par l'observation et la connaissance, la seconde passe par l'emploi de questionnaires.


La caracterologie : école de l'observation

Cette approche recoupe plusieurs modalités :

  • - par la conversation,
  • - par la connaissance des habitudes,
  • - par la mimique,
  • - par la détermination du rôle social,
  • - par le symbolisme des actes inconscients,
  • - par l'intuition (à manier avec circonspection : l'observateur doit lui-même bien se connaître).
L'observateur doit garder en tête que la finalité de tout ceci consiste à chercher à "comprendre une personne" avec tout ce que celà implique. Un auteur du début du XXème siècle, Jean des Vignes Rouges  dans son Dictionnaire des  caractères, indique que la compréhension d'autrui peut se manifester de deux façons distinctes :
 
  • - on peut exprimer par la parole ou l'écriture la vision qu'on en a,
  • - on peut témoigner par ses actes, ses attitudes que l'on tient compte des découvertes que l'on a faites chez le sujet.
Dans le management, c'est plutôt la seconde que l'on va chercher à acquérir. Avec un peu d'entraînement, la manager arrive vite à bâtir ses points de repères et l'intégre facilement dans le management de son équipe.


L'utilisation de tests


C'est bien sûr un raccourci tentant qui est très utilisé. On propose un questionnaire à remplir. Après dépouillement, on en fait une brillante restitution dans laquelle la personne se reconnaît plus ou moins. Par expérience, il est intéressant de noter que les personnes sont plutôt d'accord avec les tests.

Je crois qu'il ne faut pas accorder une importance exagérée à ce type d'outils. Ils peuvent rendre service pour confirmer des observations, les valider par la convergence ou mettre en évidence des divergences qu'il faut ensuite éclairer. J'ai souvent vérifié que le résultat d'un test formalisé sur un document est une excellente base d'échanges avec l'interlocuteur. Le fait d'avoir un papier avec des résultats donne un côté objectif, scientifique, qui met en confiance et l'échange devient très riche, et finalement, on est amené à découvrir beaucoup plus de choses sur le caractère de l'interlocuteur que ce que le test nous en révélait.

Il existe de nombreux questionnaires de caractérologie et de personnalité. Voici ceux dont je dispose :

  • - le questionnaire Louis Millet,
  • - le questionnaire Gaston Berger,
  • - le questionnaire Roger Mucchielli,
  • - le questionnaire ADEC (Jean Grimal).
L'intérêt est de croiser plusieurs questionnaires pour afiner la connaissance d'un caractère.

Il est intéressant de noter que les caractérologues ont élaboré des questionnaires à destination des enfants et adolescents. Ils peuvent être remplis par les enfants eux-mêmes ou par les parents suite à observation.

  • - le questionnaire Simon (11 à 13 ans - 14 à 17 ans),
  • - le questionnaire Roger Gaillat (moins de 10 ans à remplir par les parents),
  • - le questionnaire ADEC a été décliné également en plusieurs versions enfants et adolescents.
En savoir plus sur ces auteurs...

par Olivier ARNAULT publié dans : ...la communication et de la psychologie
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