Vendredi 10 novembre 2006
La mise en place d’une politique de délégation formalisée dans l’entreprise se heurte souvent à des réticences de la part des cadres qui refusent ou acceptent difficilement.
Il me semble important de rappeler que le principal ressort de la délégation est la CONFIANCE.

Comment cela se concrétise dans la mise en place d’une politique de délégation ?

On peut dire que la confiance joue à 3 niveaux :

- confiance en soi tout d’abord. Le cadre à qui on propose une délégation formelle se retrouve au pied du mur. C’est une responsabilité, c’est à dire entre autre une charge dont on assume les conséquences positives ou négatives. Dans de nombreux cas, la délégation peut entraîner une responsabilité pénale (vis à vis de la sécurité par exemple). Le manager peut s’interroger sur sa capacité à assumer cela, peut connaître un moment de doute, d’inquiétude…

- confiance dans sa hiérarchie. Le principal questionnement d’un cadre dans cette situation est : est-ce que je me retrouve tout seul en cas de pépin ? ou quel soutien m’apporte-t-on ?

- confiance dans l’institution qu’est l’entreprise. N’y a t’il pas des risques de dysfonctionnement liés au fonctionnement de l’entreprise ? Si l’organisation a un peu oublié les hommes quel est la place d’une éventuelle défaillance humaine dans l’enchevêtrement des procédures et des multiples indicateurs ?

Tout ceci nous amène à dire que mettre en place une politique de délégation est quelque chose qui se prépare, qui s’accompagne tant d’un point de vue juridique que managérial.
Jeudi 2 novembre 2006

Quelques notes de lectures


Commençons par la définition donnée par René Le Senne :

« Le caractère signifie l’ensemble des dispositions congénitales qui forme le squelette mental d’un homme ». Il ajoute : « ce caractère est solide et permanent »
in Traité de Caractérologie – Editions PUF

« Il assure l’identité de l’être humain à travers la durée »,  « Il est à la charnière de l’organique et du mental »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires

« Le caractère, schème dynamique de la manière d’être au monde, antérieurement à toutes les spécifications, évolue selon les lois propres de sa structure, et ceci nous conduit fort loin d’un fixisme ridicule dans lequel on a voulu souvent enfermer la définition du caractère »
Roger Mucchielli – La caractérologie à l’âge scientifique – Editions du Griffon

Paul Grieger, dans Le diagnostic caractérologique – Editions Ligel, attire notre attention sur trois niveaux d’acception possibles du mot caractère :

- sens moral et fort : utilisé pour désigner ce qu’un individu peut devenir, à travers des expressions telles que « il a du caractère ».
- sens psychologique large : il ne désigne pas toute la personnalité, mais ce qui singularise ou individualise, souvent à travers la description des conduites humaines (Exemple : les caractères de La Bruyère).
- sens caractérologique étroit : ensemble des dispositions natives qui inclinent un individu toujours dans le même sens.

Il explique également que le caractère est le fondement de la personnalité, marquée dès la naissance. La première couche sur laquelle le reste s’édifiera.

S'intéresser au caractère revient donc à s'intéresser à la personnalité de ceux qui nous entourent afin de mieux les comprendre.


Caractère et personnalité

« La personnalité est la résultante du caractère et de tout ce que les circonstances qu’il a permises lui ont apporté, les influences naturelles et sociales, particulièrement celle de l’enfance, de la famille et de la formation professionnelle. »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires

Ce même auteur nous dit que la marge de progression se situe d’un homme ou d’un enfant se situe dans l’écart qui existe entre le caractère et la personnalité, marge qu’il faut utiliser et valoriser.

La caractérologie n'est donc pas quelque chose de figé qui consiste à classer des personnes dans des catégories de façon définitive. Toute sa richesse découle de la façon dont elle va permettre d'accompagner le développement des richesses de chaque caractère et d'aider à en prévenir les défauts.


Enfin, le caractérologue ne doit jamais oublier que le caractère n'existe que dans la personne qu'il a en face de lui avec tout ce qui la distingue des autres personnes.

Nous sommes bien loin d'une approche mécanique et systématique de la personnalité et des relations humaines.
Samedi 28 octobre 2006
Cerner le caractère de quelqu'un passe par la découverte des principaux traits qui le composent. Les caractérologues ont donc travaillé à établir ces traits de caractères ou facteurs. Leur connaissance est très importante car elle permet, même au débutant, d'avoir les premières clés pour comprendre une personnalité.
Je parlerai d'abord de la typologie la plus connue, celle d'Heymans-Wiersma-Le Senne-Berger.


La structure de Heymans et Wiersma

Heymans et Wiersma ont dégagé de leurs travaux trois facteurs constitutifs du caractère :


Facteur Modalités Symbole
Emotivité émotif - non émotif E - nE
Activité actif - non actif A - nA
Retentissement primaire - secondaire P - S


Le croisement entre ces trois facteurs donne les 8 types de base :

EnAP     (ou nerveux)
EnAS     (ou sentimental)
EAP       (ou colérique)
EAS       (ou passionné)
nEAP     (ou sanguin)
nEAS     (ou flegmatique)
nEnAP   (ou amorphe)
nEnAS   (ou apathique)


Les facteurs de Le Senne et Berger

Pour compléter ce premier tableau, René Le Senne puis Gaston Berger enrichissent de propriétés complémentaires la structure d’un caractère :


Facteur Modalités Symbole
Largeur du Champ de Conscience large - non large L - nL
Polarité mars - vénus M - V
Avidité avide - non avide Av - nAv
Tendresse tendresse - sécheresse affective T - nT
Intérêts sensoriels intérêts sensoriels - indifférence sensoriellle Is - nIs
Passion intellectuelle forme concrète - abstraite des intérêts intellectuels Pi - nPi


Il faut préciser que les appellations mars et venus n’ont rien à voir avec de l’astrologie. Il s’agit tout simplement d’une appellation métaphorique de deux types de relations aux autres : affrontement ou séduction.
Autre remarque les facteurs Av, T, Is et Pi sont appelés facteurs de tendance.

Nous arrivons alors à la structure la plus répandue qui permet d’avoir une approche fine de la personnalité.


Approches complémentaires

D’autres caractérologues ont enrichit la liste de facteurs afin de la compléter mais aussi de la préciser. On peut citer les facteurs :

sociabilité – isolement   ( ou Jupiter – Saturne)
in Roger Mucchielli « la caractérologie à l’âge scientifique » - Editions du Griffon

intelligence généralisante – intelligence particularisante
in Roger Maistriaux dans « l’intelligence et le caractère » éditions PUF

Enfin, R Denis et S. Torkomian (in « Caractérologie appliquée » éditions SABRI), nous donnent un complément important en détaillant douze dispositions fondamentales du caractère, dont certaines correspondent à celles vues ci-dessus :

Plan végétatif-moteur :
Vitalité – non Vitalité (V – nV)
Activité – non Activité (A - nA)
Masculinité – Féminité (M – F)
Sensorialité – non Sensorialité (Se – nSe)

Plan émotif-affectif :
Emotivité – non Emotivité (E – nE)
Affectivité – non Affectivité (Af – nAf)
Sociabilité – non-Sociabilité (So – nSo)
Allocentrisme – Egocentrisme (All – Eg)

Plan réflexif-idéatif :
Primarité – Secondarité (P – S)
Energie psychique – non Energie psychique ( Ps – nPs)
Champ de conscience large – Champ de Conscience étroit (L – nL)
Intelligence sensorielle (Is – nIs)
Intelligence rationnelle (Ir – nIr)
Intelligence intuitionnelle (Ii – nIi)

Cette approche est très complémentaire de celle de Le Senne et Berger et présente de grands intérêts dans son application au champ professionnel.


Autres classifications

Il existe d’autres classifications plus anciennes des caractères qui sont considérées comme intéressantes mais moins complètes que celles citées ci-dessus : typologies de Ribot, Fouillée, Paulhan, Malapert.

On peut également citer d’autres typologies dans des domaines proches de la caractérologie que vous pourrez rencontrer :

Typologies psycho-somatiques :
tempéraments d’Hippocrate : bilieux, sanguin, nerveux, lymphatique,
typologie de Sheldon : viscérotonique, cérébrotonique, somatotonique,
typologie de Kretschmer : cyclothyme, schizothyme,
typologie de Pende : bréviligne, longiline,
typologie de Sigaud et Mac Auliffe : musculaire, respiratoire, digestif, cérébral

La typologie de Jung basée sur les attitudes (introverti – extraverti) et les fonctions (pensée, sentiment, sensation, intuition).

Les typologies morpho-psychologiques et planétaires.







Mercredi 25 octobre 2006
Blog ANTHELIA : Pourquoi vous-êtes vous intéressé à la caractérologie ?

Olivier ARNAULT : La caractérologie se penche sur la question suivante : en quoi avons-nous des personnalités différentes ?
Je crois que c'est une question qui s'est posée à nous tous à un moment ou à un autre.
La connaissance des caractères amène des réponses à cette question dans la mesure où elle étudie les facteurs constitutifs du caractère et qu'elle donne une description de leur variabilité et de leur mode d'influence des comportements.
Pour être un peu technique, elle fait partie du domaine de la psychologie différentielle.


Blog ANTHELIA : Comment vous êtes vous formé à la caractérologie ?

OA : Au début de mes recherches pour approfondir mes connaissances dans ce domaine, j'ai rencontré des personnes très compétentes, prêtes à partager leurs connaissances et transmettre leur expérience persuadés que le développement de la caractérologie contribue à l'amélioration des relations humaines.
J'ai plus particulièrement été formé par Claude GUILMAULT qui a développé et appliqué la caractérologie dans de nombreuses entreprises françaises pendant 20 ans, sous l'impulsion de Jean GRIMAL.
Le suivi des travaux de la Société Internationale d'Etude de la Personnalité (SIEPEC) et du Caractère ainsi que l'Association de développement et d'Etude de la Caractérologie (ADEC) permet de rester à jour.
Il y a ensuite une très riche bibliographie qui permet d'en approfondir toutes les facettes.
Enfin, s'intéresser aux caractères est une école de la connaissance des personnes qui nous entourent. La caractérologie conduit à réellement s'intéresser à elles, à essayer de mieux les connaître, les comprendre. C'est une école d'humanisme et une école de relations humaines.


Blog ANTHELIA : Vous proposez des interventions en caractérologie. A qui s'adressent-elles ?

OA : En premier lieu, je dois dire qu'elles s'adressent à toute personne soucieuse de mieux se connaître et des mieux connaître les autres pour harmoniser les relations humaines.
En entreprise, dans le domaine médico-social, la caractérologie trouve ses applications dans :

- la cohésion des équipes : comment bâtir sur les différentes personnalités ? Comment faire en sorte que les différences de caractères jouent plutôt en complémentarité qu'en opposition ?

- la communication interpersonnelle : prendre en compte les personnalités pour mieux communiquer et prévenir les difficultés.

- l'évolution des comportements managériaux : la découverte de son caractère révèle les dispositions naturelles au management, qu?il faut connaître pour s?appuyer dessus, et met en évidence des points de progrès ou des points de vigilance. C?est sans aucun doute un facteur de confiance en soi.

- la gestion de l'agressivité et des conflits : domaines pour lesquels la caractérologie aide à aborder la dimension psychologique avec plus de sérénité.

- la gestion de l'émotivité : la caractérologie apporte des réponses précises et concrètes sur ce sujet. En effet, la prise en compte de l'émotivité comme facteur structurant de la personnalité, est une des bases de la caractérologie dès ses débuts.

- l'orientation et le recrutement : elle apporte un éclairage précieux pour valider des profils, des choix professionnels.

- l'accompagnement personnalisé : pour travailler à mieux connaître et à mieux mettre à profit tous les traits de son caractère.

Enfin, il m'est arrivé plusieurs fois, sur demande, de réaliser des conférences sur la connaissance des caractères des enfants pour aider des parents soucieux de mieux prendre en compte la personnalité de leurs enfants. Quand on est passionné, on en parle même le week-end !

Pour en savoir plus : consultez le dossier caractérologie ici.

N'hésitez pas à laisser votre commentaire ou vos questions en bas de cet article.

Si vous voulez contacter Olivier ARNAULT : o.arnault(a)libertysurf.fr


Mercredi 18 octobre 2006
Mieux se connaître permet de savoir sur quelles dispositions naturelles nous pouvons nous appuyer et où sont nos espaces de progrès ou de vigilance. Ceci est bien sûr un facteur de développement de la confiance en soi, d’une plus grande aisance et d’authenticité dans les rapports humains.

C’est très riche et beaucoup plus large que de nombreux tests qui servent par exemple au recrutement. Ceux-ci, ayant un champ d’application très spécifique, sont d’un intérêt plus restreint lorsque l’on travaille sur de la connaissance de soi.

Au contraire, la caractérologie prend en compte la totalité de la personnalité, ce qui fait que la découverte de la structure de son caractère peut trouver des applications aussi bien dans le champ de la vie privée que de la vie professionnelle.


En quoi la connaissance des caractères peut-elle nous éclairer ?

Que va nous apprendre la caractérologie sur nous même et sur les autres ? Je vous donne ensuite quelques exemples de ce que l’on peut identifier. Cette liste est bien sûr non-exhaustive.

maîtrise de soi, impulsivité, stabilité émotionnelle, anxiété, réactivité, adaptabilité et aisance relationnelle, initiative, persévérance, dispositions à déléguer, contrôler, disposition aux scrupules, capacités dans la communication (écoute, souci de l’autre…), capacité à entraîner, rigueur, régularité, organisation, capitalisation sur l’expérience, comportement dans le situations conflictuelles, capacité à prendre du recul ou syndrome « nez dans le guidon », perception du risque, réaction face aux obstacles…


Connaître les caractères au quotidien

Lorsque l’on découvre les caractères et qu’on en a compris le fonctionnement, on est tenté de chercher à mettre toutes les personnes que l’on rencontre dans une case. Ceci ne dure pas très longtemps, car, en exceptant certains que l’on identifie bien comme étant typique de telle ou telle famille parmi les 8, on comprend vite que l’utilité est beaucoup plus fine.
On va, par exemple, apprendre à identifier certains facteurs prépondérants chez nos interlocuteurs, on va comprendre comment la combinaison de ceux-ci structure certains traits de la personnalité. On va ainsi prévenir d’autres tendances possibles génératrices de tensions dans les relations, on va mieux savoir comment s’y prendre avec telle ou telle personne, on sera moins surpris voire démuni devant certaines réactions…
On va par exemple savoir que le silence d’un secondaire peut être aussi révélateur que l’ « explosion » d’un primaire.
 
 
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